Les Photos de Sébastien Colpin

Les Tours de Merle, une cité médiévale authentique en Corrèze

2 Août 2020, 11:36am

Publié par Sébastien Colpin

Les Tours de Merle, une cité médiévale authentique en Corrèze

Les Tours de Merle sont un ensemble de maisons fortes formant un castrum (place fortifiée) des XIIe et XVe siècles, qui se dressent sur la commune de Saint-Geniez-ô-Merle dans le département de la Corrèze, en région Nouvelle-Aquitaine. Elles furent le centre d'une co-seigneurie et d'une châtellenie.

Les restes du château font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du 30 juillet 1927.

Les vestiges médiévaux des Tours de Merle se dressent sur un éperon rocheux escarpé, dans un méandre de la Maronne, au cœur de la Xaintrie, dans le département français de la Corrèze sur la commune de Saint-Geniez-ô-Merle. Le site visitable comporte un parc de 10 hectares.

Dès l'origine, le site porte le nom de merle qui pourrait faire référence à l'oiseau, naturellement présent, ou au merlon, la partie pleine d'un parapet située entre deux créneaux selon le terme d'architecture.

Fortifié en grande partie naturellement, le site offre aux seigneurs une position dominante car il est construit sur un éperon rocheux de 30 mètres de hauteur, de 40 mètres de largeur sur 200 mètres de long, dans un méandre de la rivière Maronne. La première mention du site remonte à 1219 (une famille éponyme est attestée dès la fin du XIe siècle) et le castrum perdure jusqu'au XVe siècle.

Lieu de péage, le castrum se situe à la frontière entre le Duché d'Aquitaine, le Comté d'Auvergne et le Comté de Toulouse et de deux diocèses. Sept familles de seigneurs cohabitent ou se succèdent à Merle ainsi, plusieurs tours de plan carré sont érigées sur le même site afin d'éviter à chaque famille de se disperser et de s'affaiblir. Sur cette « presqu'île » s'établissent les seigneurs de Merle, Veyrac, Pesteils, Carbonnières (les plus éminents), Noailles, Saint Bauzile et d'Alboy.

Du XIIe au XVe siècle, les lignages seigneuriaux possesseurs du lieu édifient des tours, des hostels et des murailles, constituant ainsi un castrum qui ne périclitera qu'avec l'avènement de l'artillerie car le site peut facilement être bombardé des hauteurs avoisinantes. En 1350, le castrum abrite plus d'une centaine de paysans et nobles au sein d'un village composé d'une trentaine de chaumières accompagnées de leurs jardins et vergers. Chaque catégorie sociale est représentée puisqu'on compte des bûcherons, des artisans, des paysans, des prêtres, des hommes de loi. Au XIVe siècle, Merle comprend sept maisons fortes, deux chapelles et un village, possédés en indivision par sept seigneurs des familles de Merle, de Carbonnières, de Veyrac et de Pestels.

En 1371, pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais, présents depuis 1357 dans les bassins auvergnats et limousins de la Dordogne, assiègent Merle et l'occupent : ils prennent une tour et un château, qu'ils restituent ensuite. En 1475, à la fin de la guerre de Cent Ans, une période de paix contribue à l'éclosion d'une ère de prospérité pour la cité. Les guerres de religion causent plus tard des ravages meurtriers quand les calvinistes prennent la place et y installent une garnison en 1574 ; ils en sont chassés deux ans plus tard par les coseigneurs.

Cependant le site est ensuite délaissé par les coseigneurs qui préfèrent vivre dans des lieux plus agréables et plus accessibles. À la fin du XVIIe siècle, la population villageoise, ne pouvant plus compter sur leur protection, se disperse et la châtellenie tombe peu à peu dans l'oubli bien que des habitants occupent le village au pied du rocher jusqu'au début du XXe siècle.

vidéo de sébastien colpin ©2020

Commenter cet article