Ségur le château en vidéo HD

Situé sur la presqu’île d’une boucle de l’Auvézère, Ségur-le-Château est, comme son nom l’indique, un « lieu sûr » qu’avaient choisi les vicomtes de Limoges pour y établir leur château fort. S’il ne reste aujourd’hui qu’un donjon de cet édifice du XIIe S, maisons nobles à tourelles ou à colombages témoignent en nombre de l’époque fastueuse que connut le village du XV au XVIIIe S, alors Cour d’Appeaux rendant justice sur 361 Seigneuries de la région.

Situé sur la presqu’île d’une boucle de l’Auvézère, Ségur-le-Château est, comme son nom l’indique, un « lieu sûr » qu’avaient choisi les vicomtes de Limoges pour y établir leur château fort. S’il ne reste aujourd’hui qu’un donjon de cet édifice du XIIe S, maisons nobles à tourelles ou à colombages témoignent en nombre de l’époque fastueuse que connut le village du XV au XVIIIe S, alors Cour d’Appeaux rendant justice sur 361 Seigneuries de la région.

SEGUR...Petit village Corrézien, comme tombé du ciel, plus que pittoresque,tout fabriqué en pierres anciennes, au creux d'une douce vallée où coule l'Auvézère - ou Haut Vézère - Cette petite rivière parfois capricieuse, enserre dans une de ses boucles le piton rocheux où se niche le vieux château. Maisons et demeures de caractère se blottissent avec grâce au pied de l'édifice, conférant à l'ensemble un charme subtil doublé d'une indicible magie. "SEGUR"...lieu sûr, sécuritas, sécurus, toute l'étymologie s'y retrouve dans l'expression familière et patoisante... "Qué plo ségur"...
SEGUR, lieu sûr, lieu protégé et défendu. En effet il semble que, très tôt, dès le VIIIème siècle, sur le lieu se soit établie une défense, voire une place forte, construite avec du bois et des rochers.
Le premier château édifié au 9ème siècle, vit naître les premiers vicomtes de Limoges... Au temps de Charlemagne le Limousin était un vaste comté dont l'administrateur, le comte, désigné par le souverain, résidait à Limoges. A partir du milieu du IXe siècle, les comtes s'éloignèrent du Limousin pour aller résider à Toulouse, Clermont ou Poitiers. C'est à ce moment que, territoires et juridictions furent confiés à leurs représentants les vice-comtes, autrement dit les vicomtes. Il y eu donc ainsi, désormais, un vicomte de Limoges auquel on ne confia pas la totalité du territoire. Le Limousin fut partagé entre un certain nombre d'autres vicomtes implantés chacun sur un éperon naturellement fortifié. Par exemple, pour le Bas Limousin, un vicomte fut installé à SEGUR, un autre à Comborn et un autre à Tulle. Au moyen-âge, le Limousin compta quatre vicomtés illustres; SEGUR, COMBORN, VENTADOUR, TURENNE...et résonnent encore le chant des troubadours.
La première maison vicomtale remonterait à 876 avec Eudebert et Foucher. Au IXème siècle, Eudes, Duc d'Aquitaine, aurait établi Foucher (Fulchérius) vicomte de SEGUR. Pour faire face aux invasions des Normands, hommes venus des rivages de Suède de Norvège ou du Danemark, Foucher aurait dirigé les travaux de fortification du château de SEGUR et commandé la défense. 
A la fin du Xème siècle le mariage de Guy 1er fils du vicomte de Limoges, avec sa cousine Emma fille d'Hadémar vicomte de SEGUR, réalisa pour des siècles la fusion entre les deux vicomtés et fit du château de SEGUR l'une des forteresses majeures du Limousin. Bien que SEGUR n'ai jamais été la capitale de la vicomté, il est indéniable que les vicomtes y ont souvent résidé. Très rapidement ils y ont installé des familles de chevaliers vassaux ainsi qu'un certain nombre d'officiers chargés de rendre la justice et d'administrer en leur nom la châtellenie. Ces vassaux seront chargés pendant plusieurs décennies de la publication des édits royaux, de la perception des impôts et de la justice. 
Au XIIème siècle les vicomtes de Limoges deviennent pour un certain temps vassaux de la couronne d'Angleterre lorsque Henri Plantagenet en devient détenteur. 
C'est en 1177 que, pour reprendre SEGUR aux Anglais, un certain Lothar aurait détruit le château sur l'ordre de Raymond II vicomte de Turenne.
Richard Coeur de Lion, fils de Henri Plantagenet et d'Aliènor d'Aquitaine, devenu roi d'Angleterre trouve la mort à Chalus en 1199.
Marie, fille de Guy VI, épouse Arthus de Bretagne en 1275. Cette alliance rattache la vicomté de SEGUR au duché de Bretagne et cela pour deux siècles.
Durant la guerre de cent ans SEGUR subit la domination Anglaise.
Dans la première moitié du XVème siècle, le vicomte Jean de Bretagne dit "de l'Aigle", célèbre capitaine au service du roi de France, est nommé lieutenant-général en Limousin par le roi charles VII. Vicomte de Limoges, il songea à faire de SEGUR le siège général de sa justice d'appel. Il décède en 1452. Sa femme, Marguerite de Chauvigny, s'éteint en 1473. Elle est inhumée dans la chapelle du château de SEGUR.
C'est au château de SEGUR que fut célébré le mariage de la dernière héritière des vicomtes, Françoise de Bretagne, avec Alain d'Albret. L'un de leurs 8 enfants, Jean d'Albret, vit le jour à SEGUR. Il sera le 1er de la famille d'Albret à devenir roi de Navarre en épousant Catherine de Foix. Jean fut l'aïeul de Jeanne d'Albret mère de Henri de Bourbon qui deviendra Henri IV.
La vicomté de SEGUR / Limoges fut réunie à la couronne de France par le roi Henri IV qui fut le dernier vicomte de SEGUR.
Mais ce qui donna "éclat" et renom à SEGUR fut, de toute évidence, la Cour des Appeaux, cette institution dont la ville fut légitimement fière et qui fonctionna du XVe siècle jusqu'en 1750.
Il existait de tout temps à Ségur une justice seigneuriale de 1er degré : Justice ordinaire dont on trouve trace dans de nombreux écrits. C'est probablement Alain d'Albret qui s'efforça de restaurer l'autorité vicomtale. Il élut domicile à Ségur de 1468 à 1522 et obtint du roi le privilège d'établir en ce lieu une cour d'appel de justice intervenant, comme son nom l'indique, entre les justices seigneuriales ordinaires et le parlement Royal de Paris. Tout recours contre une décision de justice prise dans l'une des 150 juridictions seigneuriales du comté de Périgueux et de la vicomté de Limoges devait être débattu devant la Cour des Appeaux de SEGUR avant d'être éventuellement porté devant le parlement royal. SEGUR connut dès lors une animation fébrile avec l'afflux de magistrats, plaignants et plaideurs, qui logeaient à demeure ou temporairement dans les maisons et hôtels du bourg. Ainsi s'explique cette grande vague de constructions de demeures de qualité, relativement nombreuses, dont quelques unes subsistent encore de nos jours. La plupart de ces demeures, desservies par d’élégants escaliers en vis, en pierre du pays, possèdent de magnifiques pièces agrémentées de cheminées monumentales.
La Cour se réunissait dans une bâtiment, aujourd'hui disparu, qui se situait sur le champ de foire pas très loin du pont Notre-Dame. Soumis parfois aux caprices de la rivière, la cour devait trouver refuge dans des maisons avoisinantes.
Cette cour fonctionna jusqu'en janvier 1750 date à laquelle un édit royal y mit un terme au profit d'une sénéchaussée à Saint-Yrieix.
SEGUR par la suite a traversé la période révolutionnaire sans à-coups majeurs comme bien d'autres cités limousines. Néanmoins, on retiendra la destruction des titres féodaux, que l’on brûla en 1793 sur le champ de foire.
En 1795 le château, qui appartenait aux Hautefort, fut acheté pour 30 francs par un certain Gabriel Dumas Lavareille qui, après avoir été fermier de la famille et administrateur du haras royal de Pompadour, était devenu maire de SEGUR.

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À propos

Sébastien Colpin

Photographe amateur, passionné par le patrimoine historique, la vidéo, l'urbex et le paranormal
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